« Maintenant je dors bien, je suis reposée, je suis heureuse. »

Témoignage de Sonia, 38 ans

Depuis l’âge de 13 ans, j’ai été diagnostiqué épileptique*. Et ma vie a changé. Une personne épileptique doit avoir une hygiène de vie irréprochable : prise du traitement à heures fixes, sommeil de 7H à 8H par nuit.

Cela fait un peu plus d’un an que je suis en couple. Mon conjoint est appareillé par V.N.I (ventilation non invasive) et connait bien les problèmes respiratoires. Une nuit, il s’est aperçu que je faisais des arrêts respiratoires pendant mon sommeil et m’a dès le lendemain parlé des apnées du sommeil. Nous avons donc pris rendez-vous avec un pneumologue.

J’ai passé un test du sommeil dont le résultat était de 35 apnées par heure. A cela s’ajoutait un syndrome des jambes sans repos**.

Etant épileptique, j’avais souvent des migraines. Mon cerveau n’était pas assez reposé ni assez oxygéné. Sujette d’autre part à des insomnies, je faisais des angoisses car je savais que je devais dormir impérativement. Cela me provoquait une grosse fatigue cérébrale à l’origine de myoclonies***, voire de crises épileptiques.  Pour me soulager de cette sensation de « lourdeur cérébrale », je me massais souvent les tempes.

Dans ma jeunesse, j’avais déjà fait des crises d’épilepsie pendant mon sommeil et heureusement que mon père m’entendait car, au lieu de ronfler, me disait-il, je faisais des râles (bruits de gorges). Cela s’appelle l’épilepsie nocturne.

Aujourd’hui je dors appareillée avec une P.P.C (machine à pression positive continue). Cela m’a permis de retrouver un bienfait pour ma santé. Mon cerveau est reposé, les migraines ainsi que le syndrome des jambes sans repos ont disparu. J’ai retrouvé un sommeil réparateur et je ne fais quasiment plus d’apnées du sommeil.

En tant qu’épileptique, de mon point de vue, les neurologues et les pneumologues devraient s’associer pour faire le suivi des états de santé des patients atteints de tous types de problèmes neurologiques car le corps humain, et surtout le cerveau, ont besoin d’oxygène. Le sommeil modifie le fonctionnement même du cerveau humain, et peut, chez certaines personnes, accroitre le risque de crise d’épilepsie.

Je tiens à remercier mon conjoint qui m’aide, me soutient, et qui m’a fait rencontrer son pneumologue, à l’écoute et très professionnel que je remercie également. Sans eux et leur aide, je serais toujours avec mes migraines, mes insomnies, mes angoisses, mon syndrome des jambes sans repos, mes apnées du sommeil…

Maintenant je dors bien, je suis reposée, je suis heureuse.

 

Commentaire Dr Pennaroli : Ce témoignage montre que le dépistage et le traitement des troubles du sommeil nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire prenant le patient dans sa globalité. Les pathologies du sommeil ont un retentissement sur plusieurs systèmes du corps humain, pouvant par là-même aggraver des pathologies existantes comme une hypertension artérielle, une épilepsie ou une maladie pulmonaire. Ces relations sont réciproques car de nombreuses pathologies, et traitements qui vont avec, peuvent aussi perturber le sommeil.

 

*L’épilepsie correspond à la répétition de crises épileptiques. Ces crises traduisent un dérèglement soudain et transitoire de l’activité électrique du cerveau, qui devient trop importante. Elles apparaissent sans cause identifiée, ou sont liées à une autre affection. Source : www.ameli.fr

**Pour en savoir plus sur le syndrome des jambes sans repos : www.institut-sommeil-vigilance.org

*** Une contraction musculaire rapide, involontaire, de faible amplitude, d’un ou plusieurs muscles.

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